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Postscriptum n°12 - Intégration ou désintégration ? Un cas d'école de projet conçu pour échouer

Que signifie le terme “intégration” - Définition préliminaire

On trouve bien des définitions du terme “intégration”, toutes aussi valables les unes que les autres, même si parfois ceux qui en parlent et s'en gargarisent ne prennent pas toujours la peine d'en préciser le sens. Nous proposons une définition qui nous semble difficilement contestable. Une famille d’origine étrangère peut se dire intégrée si ses membres ont les moyens matériels, culturels et intellectuels d’être utiles (au sens large) à eux-mêmes, à leur prochain (famille, communauté, quartier, etc…) et au pays qui les accueille. A noter que ce concept peut être étendu dans un même pays aux populations “autochtones” vivant dans des conditions difficiles pour des raisons diverses.

Constats

Etats Unis

L’intégration des populations d’origine africaine ne peut pas être considérée comme un succès. Les images de la Nouvelle Orléans après l’ouragan Katrina dénoncent une fracture sociale dramatique, confirmée par de nombreux indicateurs.

Grande Bretagne

Les événements récents (attentats) indiquent que la cohésion sociale tant vantée entre les différentes ethnies, n’existe pas dans les faits. Nous n’analyserons pas les causes profondes de cette situation et nous limiterons à constater qu’en Grande Bretagne non plus, l’intégration ne peut certainement pas être considérée comme un succès.

France

Cela fait désormais près de cinquante ans que nous parlons d’intégration avec des résultats qui indiquent plutôt une nette tendance à la “désintégration”.

Italie

La situation des diverses ethnies d’origine étrangère, l’intolérance croissante des populations autochtones, la propagation du travail au noir qui s’accompagne de l’exploitation de travailleurs étrangers, l’augmentation de la délinquance au sein des populations “non intégrées” font de l’Italie une candidate désignée au titre de championne de la non “intégration”.

Pourquoi ?

Dans ce qui suit, nous ne nous occuperons que de la France :
1) Quelles mesures ont été prises pour intégrer (ou pour ne pas intégrer) les “couches” de populations dites “difficiles” ?
2) Quel en a été le coût ?
3) Pour quels résultats ?
4) Pourquoi ?

Quelles mesures ont été prises ?

Il faut faire une distinction très nette entre les objectifs du monde de l’entreprise et les actions aussi bien des gouvernements que des associations “humanitaires”.

Pour l’entreprise, un étranger qui débarque chez nous n’est “intéressant” que s’il représente une force de travail à bas coût. S’il s’agit de travailleurs spécialisés (techniciens, infirmiers, médecins, etc...) l’intégration pourrait être considérée comme acquise de prime abord, mais à la longue cette situation discriminante provoque des frustrations et des difficultés économiques, qui peuvent influencer non seulement le travailleur mais aussi sa famille.

S’il s’agit de personnes ne possédant pas une culture de base, elles seront utilisées, et souvent exploitées, dans des activités à faible valeur ajoutée, avant de devenir souvent victimes de délocalisations ou de restructurations les rejetant dans une situation de chômage plus ou moins définitif.

L’essentiel des actions de l’Etat ou des associations “humanitaires” se concentre dans la distribution d’aides, de subventions et d’assistance permettant à ces familles d’accéder à un logement décent, de se nourrir correctement et de bénéficier des mêmes facilités que celles dont bénéficient les “autochtones” dans le domaine de la santé, de l’éducation et même des loisirs. A noter que l’Etat pourvoit aussi à la prise en charge complète de ces personnes lorsqu’elles arrivent sans travail ou qu’elles se retrouvent au chômage, pour les raisons évoquées plus haut.

Le coût

Pour la seule année 2006, le coût de la politique de la “ville” dans les zones sensibles se situera en France aux alentours de 7 milliards d’euros.

Par manque de statistiques, il nous est impossible de mesurer les autres coûts générés pour les besoins des populations de ces zones (éducation, assistance médicale, subventions aux familles, allocations chômage, etc…) mais nous pensons ne pas nous tromper de beaucoup en considérant que le coût global se situe entre 20 et 30 milliards d’euros par an.

Un quotidien national indiquait, à propos des mouvements d’octobre 2005, que l’Etat avait dépensé en vingt ans 70 milliards d’euros, toujours dans le cadre de la politique de la “ville” (ce qui signifierait, selon nos estimations, que pour ces mêmes quartiers, le coût global se situerait entre 200 et 300 milliards d’euros sur cette période).

On aimerait être plus précis sur ces dépenses mais la dispersion de l’information, et la “timidité” - dirait-on - de ceux qui la détiennent, ne permettent pas une plus grande précision. Inutile de dire que toute indication plus précise sur ce sujet serait la bienvenue.

Si l’on ajoute à ce qui précède les effets de l’insatisfaction et de la frustration qui règnent souvent dans ces quartiers et qui débouchent sur des dégradations ou des destructions, on doit inclure à l’estimation précédente un coût supplémentaire, estimé pour les mouvements de novembre 2005 uniquement, à 400 millions d’euros. A noter qu’en moyenne la France recense 40.000 véhicules brûlés par an.

Les résultats

Force est de constater d'abord la progressive ghettoïsation des populations - étrangères ou non - vivant dans ces zones. Ce processus de “non mixité sociale” est souvent stigmatisé jusqu’à la caricature par certains milieux “humanitaires” qui en attribuent la faute exclusive aux pouvoirs publics.

Les choses ne sont pas si simples. S’agissant de quartiers à très fort taux de chômage, on se doit d’examiner quelles peuvent être les possibilités de cohabitation entre des familles de travailleurs (d’origine étrangère ou non) et des familles composées en majorité de chômeurs.
Les membres de ces dernières n’ont pas d’horaires à respecter et peuvent passer une grande partie de la nuit debout, devant la télévision, ou dans d'autres activités qui sont rarement “silencieuses”. Un travailleur immergé dans une atmosphère nocturne envahie de bruits ne résistera pas bien longtemps à ce stress et se verra forcé de chercher un logement ailleurs. A cela s’ajoute un autre facteur : ces quartiers abritent bien souvent des trafiquants, conséquence inévitable du chômage. A leurs yeux, ceux qui travaillent et oseraient protester contre les désagréments subis quotidiennement peuvent apparaître comme des espions potentiels à éloigner manu militari s’il le faut (faits rapportés).
On se trouve donc, parfois, confrontés à un processus progressif “d’auto-ghettoïsation” ; dans ces conditions bêler ou pester à l’envie sur les problèmes de non mixité sociale en recommandant des mesures de mixité sociale forcée est une façon comme une autre de renoncer à résoudre réellement le problème.

Avec le temps on assiste aussi à un repli sur soi de ces communautés qui partagent de moins en moins de valeurs intercommunautaires. Ces quartiers sont considérés par beaucoup de leurs habitants comme des zones exclusives où “l’étranger” doit montrer qu’il a une raison “légitime” d’y circuler.

L’Etat a déployé des efforts énormes pour l’instruction des jeunes de ces quartiers, mais les résultats sont négatifs du fait du climat de violence croissante qui y règne et de la faible valeur ajoutée que l’instruction (celle qui est possible dans ces quartiers) produit par rapport à des activités, souvent illégales, mais permettant des gains bien plus importants sans aucun besoin de notions scolaires.

Les raisons. Observations.

Si nous avons cité d’autres pays que la France comme des exemples de non intégration, c’est que nous pensons qu’il faut se garder de considérer les responsables en charge des affaires publiques dans notre pays comme moins habiles que leurs homologues des autres nations. Le mal est profond et son origine est malheureusement “naturelle” et difficilement évitable.

Existe-t-il une raison intrinsèque pouvant expliquer l’impossibilité de s’intégrer de certaines populations ? Non, évidemment. En fait, l’intégration suppose naturellement un effort et des moyens variés qui dépendent de la culture du pays d’origine et de celle du pays d’accueil.
Nous y voilà donc ! C’est de culture dont il s'agit et donc d’instruction. A cela s'ajoute un effort partagé à fournir aussi bien par celui qui veut s’intégrer que par le pays d’accueil sous la forme de moyens financiers en adéquation avec les objectifs.

Pourquoi l'intégration a-t-elle tant de mal à se faire ?

Simplement parce que les moyens mis en œuvre jusqu’à présent, même s’ils ont été énormes, sont peu de choses par rapport à ceux qu’il faudrait déployer pour atteindre le but recherché.

Que faudrait-il faire ?

1. Quand un étranger débarque dans un pays doté d'une culture différente de la sienne, il a avant tout besoin pour s’intégrer de moyens de subsistance lui permettant de ne pas se trouver en position d'infériorité par rapport à la population indigène. Si, du fait de sa culture, il lui est impossible d’accéder directement au marché du travail, la communauté nationale se doit de lui fournir tous les moyens qui lui permettront de compléter ses connaissances pour qu’il puisse s’intégrer avec succès dans le monde du travail. Si, en outre, il est accompagné de sa famille, cette dernière devra être maintenue par la communauté nationale et ses membres devront être assistés en particulier pour ce qui concerne le logement, les moyens de subsistance, la santé, et last but not least, l’éducation.

2. Quand un membre d’une famille immigrée fréquente l’école, c’est toute la famille qui doit “fréquenter ” l’école, sauf bien entendu à vouloir faire échouer le projet éducatif.

3. Dans les quartiers en difficulté, la loi doit être respectée à tout prix et cela non seulement dans l’intérêt du pays d’accueil mais aussi et surtout dans l’intérêt des populations de ces quartiers. Bien entendu, les lois doivent être justes, obtenir l'approbation de ces populations et être conformes à leurs desiderata.

4. Si des familles pratiquent une religion donnée, tout doit être mis en œuvre pour que la pratique de leur culte pour ces familles ne se limite pas à un simple énoncé de bons principes mais soit une réalité rendue possible s’il le faut par des financements publics. Si la communauté qui pratique une certaine religion est financièrement dépourvue, ce qui est le cas le plus fréquent, l’Etat ne peut pas s’en laver les mains sous prétexte que la religion est un fait privé. Dans ce contexte, une spécificité concerne la communauté musulmane pour laquelle, à notre connaissance, il ne peut pas y avoir de traduction officielle du Coran. Ce texte sacré devrait être lu dans sa langue d'origine. Il nous semble donc juste que ceux qui pratiquent cette religion puissent bénéficier de l'enseignement de cette langue dans des écoles ad hoc. Cependant dans un esprit d'équité, les mêmes dispositions devraient être prises pour les autres religions. Il conviendrait donc d'envisager une réorganisation du Ministère de l'Education Nationale en autant de "sous-Ministères" qu'il y a de religions. En outre, compte tenu du fait que les populations concernées ne disposent pas toujours des moyens financiers nécessaires à la mise en place de ce type de programme, il faudrait évidemment que l'Etat prévoit de financer comme il se doit ces écoles. Bien entendu, d'autres organisations pourraient être envisagées pourvu que soit rigoureusement respecté le principe de non différenciation entre les religions.

5. S’agissant de coutumes et de droits, on dit souvent qu’un étranger arrivant dans un pays “doit” s’adapter aux coutumes et aux lois du pays d’accueil. Il s’agit d’une pure théorie, battue en brèche dans la pratique : on tolère déjà dans les faits qu’un étranger puisse ne pas respecter les coutumes du pays d’accueil, ce qui ne pose aucun problème, mais aussi puisse “officieusement” ne pas respecter les lois du pays d’accueil. On tolère par exemple qu’un étranger circule le visage totalement couvert, ce qui est interdit aux autochtones, et on tolère aussi en pratique la polygamie à tel point que, selon la presse, la ville de Paris envisage de mettre à disposition de familles polygames des appartements ad hoc pourvus d’un nombre de pièces inusuel. Au Canada on étudie la possibilité de créer un tribunal en charge des “affaires religieuses”, affaires pourtant non exemptes de conséquences dans les domaines civil et pénal. Toujours pour des questions de coutumes et de religion, on examine aussi la possibilité de construire des piscines, gymnases et écoles prévoyant la séparation des deux sexes, et en Italie, un “onorevole” député communiste revendique pour certaines populations le remboursement de l'excision dite “douce” par les organismes de sécurité sociale. Il s’agit d’initiatives qui n’ont encore rien de systématique, mais quand le nombre des intéressés aura dépassé un certain seuil, le problème posé par la pluralité des coutumes et des lois ne pourra plus être escamoté.

6. L’ensemble des mesures décrites ci-dessus doit s'étendre sur le temps nécessaire au succès de l’opération, et ce temps peut s’exprimer en années voire plutôt en décennies, et requiert point par point des financement adéquats à la hauteur des objectifs. Nous laissons aux lecteurs le soin d'évaluer le poids économique de chacune de ces mesures. En tout état de cause, nous pensons que l'ensemble des dispositions exposées ci-dessus ne pourra qu'obtenir l'approbation des vrais humanistes progressistes. D'ailleurs, les lecteurs attentifs pourront facilement vérifier en visitant les sites progressistes sur internet que nous n'inventons rien et que ces mesures sont soit clairement explicitées soit, dans d'autres cas, découlent nécessairement des écrits diffusés dans ces sites. Et ce n’est pas tout. Nous avons été agréablement surpris de constater que certaines des idées exposées ci-dessus ont trouvé un écho favorable aussi dans un tout autre horizon de la pensée politique. Une personnalité remarquable et remarquée, qui sait accorder harmonieusement ses idéaux théoriquement très modérés avec une attitude plus qu’énergique, sagement tempérée par une juste prudence qui lui permet d’éviter les endroits à valeur ajoutée fortement négative, a pris ces derniers temps position pour une école religieuse, ce qui laisse espérer des développements heureux. Les temps ne sont pas encore mûrs pour la création de sous-ministères religieux mais nous sommes sur la bonne voie.

Effort fourni et effort à fournir

De façon générale, le philosophe énonce des théories tandis que le politique parle le langage des chiffres, c’est à dire qu’il parle, ou devrait parler, de budgets et de financements.
Ce qui signifie pour les points 1 à 6 énoncés ci-dessus, que le passage de la simple énonciation au discours politique implique une traduction en termes de budgets et de financements.

Comme déjà indiqué, l’effort fourni jusqu’à présent est déjà en soi énorme et tout indique qu’il sera augmenté.

Quelles en sont les limites ? A l’évidence, elles sont données par ce qui peut être consenti par les contribuables, alias les travailleurs, alias la petite bourgeoisie qui constitue dans notre pays la majorité de la population travailleuse, n’en déplaise à nos ”intellectuellovoïdes, sociologues ou recherchologues de droiiiiiiiiiiiite, de gôôôôôôche (sort of…) ou de zigzag”.

Etant donné les difficultés croissantes subies par les travailleurs dans leur vie quotidienne, nous pensons que ces limites sont en passe d'être atteintes. Le brave baudet travailleur semble bien avoir été chargé de tout le poids qu’il peut raisonnablement supporter.

Notons à ce propos que chaque fois qu’une autorité publique proclame un nouveau financement d’envergure, les fonds semblent étrangement surgir comme par miracle de dessous la terre, le bienfaiteur ou le bailleur des fonds restant toujours anonyme et dans l’ombre. Sans parler des ces déclarations à l’emporte pièce à la limite du porno exhibitionniste qu’on nous débite en pâture du style “y a qu’à faut qu’on faire payer les riches !” ou pire encore “i suffit d’éliminer l’évasion fiscale”. Autant de phrases qui indiquent en général à quel degré de mauvaise foi peut conduire la démagogie de caniveau la plus répugnante. Tout le monde sait, et depuis des millénaires, qui sont les vrais payeurs dans les faits.

Ce faisant, on a la désagréable impression que ceux qui consentent vraiment les sacrifices dans cette affaire n’apparaissent toujours qu’en négatif, anonymes, d’une nature quasi évanescente, et ne sont mis en scène en chair et en os que lorsqu’ils ont l’affront de se plaindre des charges toujours croissantes qu’on leur fait généreusement supporter (égoïste !!! chauviniste !!!! Raciii…grrrr…ste !!!!!)

Comme si les généreux dispensateurs (et non payeurs) des fonds exigeaient du payeur, en plus des sacrifices qu'ils lui imposent, d'avoir le bon goût de faire preuve de reconnaissance et d’enthousiasme au moment de la saignée.

C’est dans ces conditions que depuis plusieurs décennies, et comme cela arrive dans les projets pathologiques, les efforts consentis n'ont pas été évalués sur la base des objectifs poursuivis, mais ont été au contraire dispensés en ponctionnant la source disponible, en l'occurrence ce qu'on pouvait extraire régulièrement des poches des travailleurs.

On dit que la politique est l’art de l’anticipation. Aucune anticipation ou planification n'ont eu lieu dans ce cas et nos dirigeants n'ont fait par la suite que pallier à coups de dépenses les problèmes issus précisément de cette absence de planification. Au premier acte, on a laissé, voire encouragé des industriels ou des patrons d'entreprise à profiter d'une main d'oeuvre à bas coût exploitable à loisir, sans se préoccuper d'un quelconque effort d'intégration et d'éducation pour ces populations établies en France et pour les générations qui suivraient...et jusque là, on pouvait toujours prétendre que le pays y gagnait. Au deuxième acte et faute d'avoir anticipé, on cumule et on accumule les dépenses au fil des ans pour compenser les conséquences fâcheuses de ce manque de prévoyance.

A première vue, on pourrait voir quelque chose de schyzophrénique dans cette démarche: d'un côté la froide exploitation d'une main d'oeuvre sous payée et de l'autre une politique "portes ouvertes" inspirée d'un “humanitarisme” intégriste pur jus. Un mélange par nature instable et hautement inflammable.

A y regarder de plus près, pourtant, ces deux procédés apparemment antinomiques (exploitation d'une main d'oeuvre sous-payée et humanitarisme “à bras ouverts”) ne s'opposent pas aux principes qui sous-tendent le libéralisme. Selon un article de Wikipedia, une approche récente du libéralisme née au XXe siècle, “cherche à en donner une justification “scientifique” reposant sur la théorie de l'équilibre général proposée à la fin du XIXe siècle, qui tente de démontrer que la rationalité des acteurs, grâce à la coordination supposée parfaite de leurs actions par le seul biais du marché, conduit à la meilleure des situations possibles.”

Dans notre cas, la loi du profit justifie le premier procédé (exploitation), le principe de libre circulation des individus comme des capitaux justifie ou en tout cas ne permet pas de s'opposer au second (journée “portes ouvertes”) et la fameuse loi de la “main invisible” laisse espérer que tout ça trouvera un équilibre naturellement. Ajoutez à ce cocktail une dose subtile d'humanitarisme ayattolesque façon "journées portes ouvertes et french cancan youpla boum”, et vous obtenez les brillants résultats recensés à ce jour.

A l'expérience, on est donc bien obligés de se demander si ces deux procédés légitimes dans une société qui se veut libérale, et donc prétendument capable de trouver toujours un point d'équilibre, ne conduisent pas en pratique “mathématiquement” et “scientifiquement” à des situations ruineuses fortement déséquilibrées. On voit ici combien les promoteurs des théories en “isme” peuvent déjà faire de dégâts pris séparément et devenir carrément de vrais fléaux quand ils conjuguent leurs efforts !

Ce faisant, le pays a obtenu comme résultat non pas l’intégration de ces populations mais simplement la possibilité de subvenir à leurs besoins tant bien que mal, ce qui comporte un effort certes énorme, mais largement insuffisant.

Si l’on tient compte de l’extension numérique des personnes vivant dans les quartiers “sensibles”, les financements nécessaires devraient être dix, vingt fois supérieurs à ce qui a été consenti jusqu’à présent, ce qui va bien au-delà des moyens disponibles.

Ceci explique de la façon la plus simple pourquoi la politique dite “d’intégration” a échoué en France et dans de nombreux autres pays : le manque de moyens.

Il est d'ailleurs symptomatique de constater, qu'au moins à notre connaissance, aucun “responsable” n’a jamais présenté un projet dont l’objectif soit une intégration effective accompagné d'une quantification des financements nécessaires et des financements possibles et d'une planification dans le temps de sa mise en œuvre.

Si par contre il ne s’agissait en fait que d’une chimère irréalisable, on comprend trop bien pourquoi ces mêmes “responsables” ont préféré garder pudiquement le silence tout au long des années, pour ne parler que d’actions de financement aux objectifs assez flous et dont on peut constater les effets depuis des décennies. Disons que l’absence d’un tel projet fait partie de ces “non informations” précieuses qui forcent malheureusement au scepticisme.

L'intégration de populations étrangères n'est qu'un cas particulier d'un problème de portée générale

Ce qui est exposé ci-dessus peut s'appliquer aussi aux couches de populations autochtones “non intégrées” ou en difficulté sociale, d’une façon ou d’une autre.
Un exemple classique nous est donné par les péripéties de la Cassa del Mezzogiorno en Italie, institution qui fut un épouvantable gouffre financier aux résultats catastrophiques.
Il y a six ou sept ans, un gouvernement italien a cru bon de ressusciter cette “Caisse” sous la forme d’un clone (le roi est mort, vive le roi!!!) : en quelques années le “clone” a englouti une bonne vingtaine de milliards d’euro avec des résultats tout aussi décevants.

Il existe en effet une règle de base toujours respectée dans les faits: quand le pouvoir décide de financements aux objectifs flous, les parasites et les profiteurs se pressent au portillon et prospèrent. On se trouve alors dans cette situation apparemment paradoxale que plus les financements sont insuffisants pour atteindre l’objectif, plus les gaspillages et la corruption sont importants.

En fait, il n’y a rien de paradoxal à cela: quand les promoteurs d’un institut ou d’un organisme privé ou public constatent que les fonds mis à leur disposition ne servent à rien, ils ne peuvent qu'être fortement tentés d'orienter le flot d’argent vers leurs poches.

Maintenant qu'on y pense, on trouve comme par hasard sur Internet des milliers d’associations et d’organismes se consacrant tous religieusement à l’intégration et recevant tous des financements publics toujours plus juteux, et pourtant toujours aussi insuffisants (il faut plus de moyens, entend-on crier à chaque coin de rue). Un autre signe, sans doute, du fait que les financements destinés à l’intégration sont très largement inférieurs aux besoins chez nous. Bizarre ? Vous avez dit bizarre ?

Quelles solutions ?

Donc, diront nos lecteurs, il n’y a aucune solution ! Mais si, détrompez vous ! Les solutions existent malgré tout ! Il suffit d'un peu de patience.

Les Etats-Unis, bien entendu, trouveront une “solution”, peut être même une solution satisfaisante…au cours de ce siècle ou peut-être au cours du prochain...

Pour ce qui est de l’Europe, le modèle italien pourrait être retenu comme le plus réaliste.
Quand l’Italie, entre le troisième et le septième siècle de notre ère profita d’un apport de populations étrangères, la décadence, déjà amorcée, s’accéléra brutalement malgré l’apport réduit de ces populations (moins de quatre pour cent). Huit cent ans furent nécessaires pour retrouver un pays en progrès. A noter que pendant la période de régression la population de Rome passa d’un million d’habitants à trente mille habitants vivant pratiquement tous d’aumônes dispensées par la chrétienté, grâce à la présence de la cour papale à Rome.

Vous voyez : il suffit simplement d'être un peu patients et, au bout d’un “certain temps”, il y aura une “solution”.

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