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Postscriptum n°20 - Beppe Grillo, le mouvement "cinq étoiles" et les institutions italiennes et européennes

Préambule

Nous consacrons cette page au Mouvement politique dont le porte drapeau est un célèbre comique italien. Ce mouvement a acquis une telle importance qu’il mérite un traitement particulier. A croire qu’à l’instar de Coluche, certains comiques savent être d’un grand sérieux quand ils se mêlent de politique, donnant ainsi l’exemple à bien des politiciens de profession.

Petit détour hors sujet sur les conventions contre les doubles impositions

En nous limitant à l’analyse de la convention contre les doubles impositions entre la France et l’Italie, et en nous concentrant sur les points particuliers qui nous intéressent pour la suite de la discussion, disons que les contribuables se divisent en trois groupes :

  • ceux qui ne perçoivent de revenus que dans un seul pays, qui est leur pays de résidence ;
  • ceux qui perçoivent des revenus en provenance de deux pays, voire plus (dans notre cas la France et l’Italie) en tant que fonctionnaires publics (en activité ou pas) ;
  • et enfin la misérable catégorie de tous ceux qui perçoivent des revenus des deux pays en tant que salariés ou ex-salariés du secteur privé.

La première catégorie est imposée selon les règles établies par la législation des deux pays et n’est donc pas concernée par la convention.

La seconde catégorie, elle, a fait l’objet d’une attention et d’une sollicitude toute particulière de la part des politiques et des fonctionnaires qui ont étroitement collaboré à la rédaction de la convention et se sont fait un devoir de, non seulement la protéger de toute double imposition, mais aussi de séparer rigoureusement les différentes sources de revenus, de façon à la préserver en grande partie d’une fastidieuse et fâcheuse progressivité de l’impôt. Et de ce point de vue, nous ne pouvons donc que louer, pour ce qui les concerne, l’action bénéfique et prévoyante des politiques et fonctionnaires, toujours si prompts à s’accorder des privilèges ….dans l’intérêt de la collectivité bien entendu!

Quant aux personnes qui appartiennent à la dernière catégorie, étant donné qu'elles ont commis la faute inexpiable de travailler dans le secteur privé, elles se trouvent (justement) lourdement et doublement imposées par les deux pays au nom (devinez donc...) de la convention contre les doubles impositions. Surtout ne riez pas s'il vous plaît...et ne pleurez pas non plus d'ailleurs...vous allez nous faire pleurer.

Revenons maintenant à notre sujet, après ce petit détour instructif.

Beppe Grillo et les Institutions

Grillo le politique

Jusqu’à il y a une dizaine d’années, Beppe Grillo était un simple comique qui s’occupait de politique à l’occasion, comme le font de nombreux comiques.

Petit à petit, Grillo s’est investi de plus en plus en politique jusqu’à en faire aujourd’hui sa seule activité. Le mouvement qu’il a créé se propose d’impliquer tous les citoyens dans la vie politique, de telle sorte qu’un citoyen inactif en politique ne pourrait l’être que par sa propre faute, sauf cas de grave impossibilité.

De ce point de vue, la position de Grillo rappelle le célèbre discours de Périclès aux Athéniens, et comme il résulte de ce célèbre discours, pour Grillo aussi, l’activité politique n’est pas une profession, mais un service dû. Pour le reste, quiconque souhaiterait plus de détail sur sa vie et son œuvre pourra facilement satisfaire sa curiosité via le net.

Ajoutons simplement que Grillo ne se considère en aucun cas comme un leader ou un maître à penser, mais plutôt comme quelqu’un qui valorise les membres de son mouvement et qui dans le même temps s’active pour éviter que des imposteurs, ou des personnes potentiellement rebelles aux règles que s’est donné le mouvement, ne l’infiltrent. Et pour ce qui concerne cette dernière tâche, il a tellement de pain sur la planche au quotidien, qu’on peut s’interroger sur les vraies chances de succès de son entreprise.

Sur la base de ce qui précède, il est évident que le triomphe des idées de Grillo, ne sauverait peut être pas le pays de la ruine actuelle, mais marquerait sans nul doute la ruine, même si transitoire, de la Caste qui domine ce pays depuis des décennies, sinon des siècles.

L’activité des politiques italiens

De manière générale, nous pouvons rappeler ici que depuis longtemps déjà les professionnels de la politique ont déployé une activité fébrile en vue d’augmenter et de défendre leurs privilèges particuliers et les intérêts de leurs amis.

On ne compte plus les lois du type “prodomoloro” (id est confectionnées pour répondre à leurs intérêts de caste) et pour ce qui concerne le gouvernement précédent “prodomosua (id est confectionnées exclusivement dans l’intérêt du Cavaliere et de ses amis proches).

Pour illustrer à quels extrêmes ils en sont arrivés, il suffit de penser à un personnage célèbre (dont nous tairons le nom), élu (ou plutôt nommé) sénateur, et qui a répété plusieurs fois que la raison pour laquelle il voulait être élevé au rang d'“onorevole” était de pouvoir ainsi échapper à la justice, grâce à des lois “prodomoloro”.

Le tsunami du Mouvement Cinq Etoiles (Movimento cinque stelle)

Les professionnels de la politique et les différentes castes qui dominent le pays sont aujourd’hui confrontés à un mouvement de masse composé en grande partie de citoyens pacifiques assoiffés de justice : ce mouvement est le mouvement cinq étoiles dont Grillo n’est lui même, en fin de compte, qu’une étiquette, ou au mieux un sponsor.

Nous ne savons pas si l’on se rend bien compte des conséquences désastreuses que produirait (sur les castes) l’arrivée au pouvoir de ce genre de personnes, non encore corrompues, et qui plus est (quelle horreur !) apparemment soucieuses d’agir vraiment dans l’intérêt de la communauté nationale et non de leurs intérêts particuliers.

Même en reconnaissant qu’après quelque temps ces personnes arriveraient sans doute à s’intégrer à la société des corrompus, il faut convenir qu’au moins à ses débuts, ce mouvement, une fois au pouvoir, ne pourrait que créer un véritable tremblement de terre avec des conséquences horribles pour tous ces citoyens pacifiques, qui encore aujourd’hui consacrent honnêtement leur vie à vider les poches de leur prochain.

Hannibal est à nos portes !

Tout récemment, le parti unique de droite-centre-gauche a déposé un amendement (http://www.repubblica.it/politica/2012/12/03/news/legge_elettorale-48017236/) sur la base duquel le Mouvement Cinq étoiles, arrivé premier dans les élections administratives siciliennes, serait automatiquement exclu des prochaines élections politiques, parce que dépourvu d’un statut “orthodoxe” !!!! BANCOOOO!!!!!!

Par chance, le hasard lui a offert une solution supplémentaire. En effet, depuis un certain temps les milieux politiques envisageaient la possibilité d’anticiper les élections législatives de façon à les faire coïncider avec les élections administratives partielles. L’argument avancé était de faire des économies ; la raison réelle étant en fait de stopper l’irrésistible progression du Mouvement 5 étoiles. Or, grâce à la énième (et tragique pour l’Italie) descente dans l’arène politique ("riririririri…..discesa in campo") de Berlusconi et à la démission qui s’en est suivie de Monti, c’est chose faite : les élections politiques et administratives partielles seront concomitantes à la satisfaction pleine et entière du centre droit et du centre gauche qui, pour donner le change, a versé, à l’occasion, quelques larmes de circonstance….. comme d’habitude.

Mais le hasard a voulu faire un autre cadeau au parti unique au pouvoir : les élections législatives ayant été anticipées au 17 février par décision du monde politique (http://www.fanpage.it/elezioni-politiche-2013-italiani-al-voto-il-17-febbraio/), le Mouvement cinq étoiles se trouve maintenant, sur la base de la loi électorale, dans la position de devoir réunir 160000 signatures, pour valider ses listes de candidats, avant le 13 janvier 2013. http://www.polisblog.it/post/36565/elezioni-2013-legge-elettorale-farse-ed-election-day-i-punti-critici-di-un-appuntamento-importante).

Et comme le dit Grillo, il ne pourrait en être autrement, c'est-à-dire que le nombre de signatures prévues pourrait être réduit de moitié, que si le Parlement était dissout avant le 29 décembre 2012, c'est-à-dire plus de 120 jours avant la date d’échéance naturelle de l’Assemblée (soit le 29/04/2013), ce qui est quasi impossible.

Voir sur le sujet le manuel électoral et ce qu’en dit Beppe Grillo
http://www.camera.it/files/pdf/documenti/ac0844.pdf
http://www.beppegrillo.it/2012/12/cancellieri_e_l.html#commenti

En temps normal, le recueil d’un aussi grand nombre de signatures, en si peu de temps, serait extrêmement difficile, mais il devient tout simplement impossible quand la mauvaise volonté, largement escomptée, des politiciens et des bureaucrates s’en mêle.
Voir à ce propos :

  • http://www.beppegrillo.it/2012/12/i_consolati_con_1/index.html
  • et http://www.beppegrillo.it/2012/12/firmaday_in_val/index.html

Si la situation est bien celle dénoncée dans les liens mentionnés ci-dessus, cela rappelle étrangement des passages du film "O Cicornia" avec Marcello Mastroianni, dans lequel un employé de la Russie tsariste, après avoir caché ses mains dans les manches de son veston, déclare l'air désolé qu’il lui est impossible de signer un certain document !

Dans ces dernières heures le panorama a un peu évolué grâce à une série d’ajustements opérés par le gouvernement démissionnaire : les élections devraient avoir lieu le 24 février et non le 17 et les candidats qui n’avaient pas été élus dans l’actuelle législature devraient présenter seulement la moitié des signatures requises. Ces changements auraient été introduits, parait-il, afin de favoriser l’éventuelle candidature de certains membres de l’actuel gouvernement technique, au risque de favoriser un peu, théoriquement, le mouvement 5 étoiles. Il reste le fait que la plupart des candidats des partis ne seront pas obligés de recueillir les signatures nécessaires, tandis que pour le mouvement 5 étoiles tous les candidats devront s'affairer pour obtenir la totalité des signatures prévues dans un très court laps de temps. Et comme déjà signalé, on peut compter sur les super-bureaucrates pour ériger ce qu'il faudra d'effets spéciaux obstructionnistes pour leur....faciliter la tâche (hum...) : "non monsieur, il me faut 2 pièces d'identité par ci ou une troisième signature par là, ou bien encore le responsable de service sera absent et il faudra attendre son retour de vacances pour obtenir la réponse à une question indispensable avant d'apposer le timbre fiscal qui convient, par ci par là, de ci de là ...(comme dirait Offenbach). Dans ce domaine, croyez le bien, nous ne sommes qu'à l'apéritif.

Retranché derrière une aussi imposante muraille de Chine « antigrillo », le parti unique est presque assuré de réussir à sauver la « patrie », « en élisant le peuple qui lui conviendra le mieux » (citation librement inspirée de Bertold Brecht).

Mais, ce déploiement de forces contre le mouvement de Grillo n’a pas paru suffisant pour écarter ce terrible danger qui, menaçant l’Italie, pourrait bien se propager au continent tout entier, peut être même à l’univers. Aussi l’Union Européenne a-t-elle jugé opportun d’intervenir dans la bataille.

Cette communauté qui a fait preuve en son temps d’une éclatante retenue dans le scandale de la dissipation éhontée des fonds publics européens, et qui a, plus d’une fois, démontré une grande magnanimité à l’égard des hommes politiques italiens, en se limitant, parfois, à faire payer aux victimes des fautes qui ne sont pas les leurs, cette communauté donc, a décidé finalement d’intervenir pesamment dans les affaires politiques italiennes intérieures et de réagir face au danger ; et elle l’a fait avec toute l’autorité dont jouit son Président Martin Schulz. Voir http://www.ilfattoquotidiano.it/2012/09/03/schultz-grillo-fenomeno-di-protesta-ma-non-e-democratico/341525/

Ce même Martin Shulz qui s’attira une sympathie universelle quand il fut attaqué de façon bien peu digne par le Cavaliere Berlusconi (et jamais les Italiens ne se sont sentis aussi mal représentés au niveau international qu’à cette occasion), ce même M. Schulz, faisant fi des espoirs et des aspirations de millions de travailleurs italiens de bonne foi, a trouvé donc approprié de lancer des phrases en liberté contre un homme qui n’est rien d’autre au fond qu’un moyen mis au service des aspirations d’honnêtes gens.

Pouvions nous nous attendre à autre chose de la part des fonctionnaires et politiciens de la communauté européenne ? Sans doute devions nous de fait nous attendre à ça.

Tous connaissent les vicissitudes du Traité de Lisbonne et les moyens plus ou moins orthodoxes qui furent mis en œuvre en leur temps pour convaincre les citoyens européens de l’approuver.

Peu connaissent en revanche son contenu, pour ce qui concerne de plus près tous ceux qui ont participé à son élaboration et qui, incidemment, concerne aussi, même involontairement, le Président Schulz.

Nous nous référons aux dispositions du Protocole (n°7)...

Sur les privilèges et immunités de l'Union Européenne

Et plus particulièrement à l’article 12: (ex-article 13) :
"Dans les conditions et suivant la procédure fixée par le Parlement européen et le Conseil statuant par voie de règlements conformément à la procédure législative ordinaire et après consultation des institutions concernées, les fonctionnaires et autres agents de l'Union sont soumis au profit de celle-ci à un impôt sur les traitements, salaires et émoluments versés par elle.

Ils sont exempts d'impôts nationaux sur les traitements, salaires et émoluments versés par l'Union."

Tiens ! Mais c’est du vice alors ! Et ce n’est pas un hasard ! En effet, les rédacteurs de ce beau protocole ont aussi eu l’incroyable audace de s’appuyer sur les conventions, hum ! contre les doubles impositions.

La considération que nous avons malgré tout pour le Président Schulz est telle que nous excluons de sa part un quelconque intérêt personnel; mais nous aimerions savoir cependant s’il fait partie du personnel qui jouit des prérogatives de l’article 12 cité ci-dessus.

Quoi qu’il en soit le Président Shulz devrait savoir que dans le programme du mouvement cinq étoiles figurent des dispositions contre toute espèce de privilèges en faveur des politiciens ou fonctionnaires publics de tous types, y compris, ça va de soi, les politiciens et fonctionnaires européens.

Excluons d'emblée bien sûr que l’intervention du Président Shulz puisse relever d’un quelconque conflit d’intérêt ; mais ce brave homme ne ferait-il pas mieux de s’intéresser à tous les problèmes dont souffre l’Union Européenne, plutôt que de créer du désarroi et de la méfiance dans les cœurs et les esprits de tous ces citoyens italiens qui ont le plus besoin d’être encouragés et aidés dans la bataille qu’il mènent pour le renouveau de leur pays ?

C’est incroyable le nombre de sacrifices que nos fonctionnaires européens sont prêts à supporter dans les conditions difficiles que nous vivons ! Et il est bien compréhensible du coup que ces mêmes fonctionnaires se sentent autorisés à imposer aux citoyens de l’Union Européennes des sacrifices saignants, forts de leur exemplarité.

Et au fond, nous leur devons tous une profonde reconnaissance, car, nous insurgeant contre tous ceux qui les critiquent systématiquement en affirmant entre autres qu’ils ne servent pas à grand chose, il faut en revanche leur reconnaître un mérite indéniable à partager avec les hommes politiques nationaux, pour avoir conduit les Etats de l’Union à cet état d’abondance que tous nous envient et que l’on pourrait définir de “plantureux”.

Autres contributions précieuses à la sauvegarde de la patrie en danger

N'allez surtout pas penser que Beppe Grillo ne bénéficie que de l'attention des média, des politiciens et des hauts fonctionnaires de l’Union Européenne. Que nenni! Même le Chef de l’Etat italien s’est attelé à la tâche dans un de ses “avertissements” (http://italia.panorama.it/il-meglio-in-edicola/Napolitano-contro-Grillo-RASSEGNA-STAMPA).

Arrivé à ce stade, il faut croire que les politiciens au pouvoir, voyant le danger grandir, se sont directement tournés vers les puissances d’en haut et même d’en bas (tant qu'à faire), parce qu'un miracle s’est produit. Là ou les ennemis du mouvement risquaient d'échouer, les « amis », de l’intérieur du mouvement, exploitant les mêmes arguments qu'un célèbre grand homme nommé Berlusconi (sens du devoir, esprit de sacrifice envers les citoyens, respect de la volonté du peuple, etc, etc...) ont déclenché un tir de barrage à l’adresse de Grillo et de son associé Casaleggio, les accusant d’une avalanche de graves péchés. Et voilà qu'en très peu de temps, le mouvement cinq étoiles a chuté dans les sondages de façon impressionnante. Sauf imprévus, on peut considérer que grâce à ces interventions inespérées, la caste est sauvée, après cette période de grande frayeur.
Et comme cela s'est produit deux fois déjà dans le siècle passé, quand le pouvoir prend peur, il engendre des monstres.

Evidemment tout sera fait à l'avenir pour qu'une aussi fâcheuse situation, qui aurait pu conduire des citoyens soumis à devenir maîtres de leur destin, ne puisse plus jamais se reproduire; tout sera mis en œuvre pour qu’il en soit ainsi. Dommage, parce que, sans croire aux vertus thaumaturgiques de Grillo et du mouvement qu’il a créé, et même conscients des incertitudes qu’aurait représenté l'arrivée au pouvoir de ce mouvement, il faut quand même avouer que l'Italie aura connu pendant toute cette période une lueur d’espoir et un parfum de liberté à nul autre pareil depuis des décennies. Dommage !

Et comme il fallait s'y attendre nous venons d'apprendre (en juillet 2013) que l'actuel gouvernement d'union sacrée droite-centre-gauche a décidé de s'occuper de l'article 138 portant sur les modalités à respecter dans les modifications de la Constitution et véritable colonne portante des garanties constitutionnelles ; même si on présente la chose sous la forme d'une modification passagère et surtout supposée "indolore" de la Constitution, dans le cadre d'une Grande Réforme constitutionnelle.

Une fois la Constitution "mise au goût du jour", non seulement le problème Grillo sera résolu une fois pour toutes, mais le danger que le "peuple souverain" puisse, d'une quelconque façon, déranger l'activité de l'élite au pouvoir sera aussi définitivement écarté.

Certains pourraient s'étonner du fait que la caste puisse sentir le besoin d'apprivoiser encore davantage la Constitution ; cette Constitution qui s'est révélée durant toutes ses années si docile et si prévenante pour les besoins et le manège des gens de pouvoir. Mais le pouvoir, qui a échappé de justesse à la menace populaire représentée par le mouvement MS, veut absolument écarter toute menace future : il veut la certitude absolue que ce type de situations désagréables ne puisse plus se reproduire à jamais.

On ne peut s'empêcher de penser que les élites, une fois constaté l'échouage du navire "Italia" causé par leur propre ineptie,s'apprêtent, tels des Robinson Crusoë, à vider le navire de toute cargaison utile avant de prendre le large, et ils ont besoin pour ce faire, de s'assurer de la "docilité" du peuple, au cours d'une aussi délicate et pénible opération "d'assainissement".

Bien sûr, tout mouvement jeune et aux contours encore mal définis présente des inconnues, mais, justement, un des arguments les plus forts militant en faveur de ce mouvement est que malheureusement les politiciens et les partis qui s’activent sur la scène du théâtre politique italien, eux, ne réservent plus aucune surprise quant à leur substance.

Un Candide pourrait penser que si les politiciens s’engageaient subitement à travailler dans l’intérêt de leurs concitoyens , en mettant un peu de coté leurs intérêts de caste, le danger Grillo disparaitrait comme par enchantement.

Mais ne rêvons pas...ce serait vraiment comme de leur demander de décrocher la lune.

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